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Merci de poursuivre vos échanges autour de ce sujet de discussion dans
les nouveaux forums
(où vous retrouverez une retranscription des premières contributions à ce fil de discussion).
Que lisez-vous en ce moment ?
Thème(s) : Une occasion de se laisser tenter par une ou plusieurs lectures d'autres membres ?
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Hicham BENNIS
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Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
29-09-2006 01:16 AM
Bonjour,
Je propose que chacun, au gré de ses lectures, se sente le bienvenu
pour en parler dans ce sujet de discussion, qu'il s'agisse
simplement d'en citer le titre, l'auteur, le thème ... ou d'en faire
une présentation plus détaillée aux autres membres, pour le recommander
(ou non).
J'y verrais personnellement une occasion de me laisser tenter par une ou
plusieurs lectures, celles d'autres membres de Psychosociologie.fr ...
Qu'en pensez-vous ?
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Hicham BENNIS
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Re: Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
11-10-2006 07:50 PM
Bon, 27 visites et personne ne se lance ? Je suis donc le premier, c'est parti. J'ai récemment commencé la lecture de Parias Urbains - Ghetto, Banlieues, Etat de Loïc Wacquant. Il s'agit, si jai bien compris, de la traduction de Urban Outcasts. Color, Class and Place in two advanced societies .
Le style est soutenu, le contenu très fourni et le discours bel et bien en rupture avec le traitement qui est habituellement réservé aux questions qui ont récemment encore fait la une des JT.
L'auteur, sociologue formé à Chicago (on s'en doute dès les premières pages de par ce qu'il énonce autour de l'approche ethnographique qu'il a adopté pour conduire ses travaux) a de toute évidence aussi été influencé par Bourdieu et enseigne aujourd'hui à l'université de Californie-Berkeley.
Je n'en suis qu'au début, j'attendrai donc de l'avoir achevé avant de conseiller sa lecture, même si ce que j'en ai lu me laisse penser qu'il n'y a pas trop de suspens là-dessus ...
A suivre donc.
_________________________
Hicham BENNIS,
Psychologue et Psychosociologue
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AlineP
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Re: Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
10-01-2007 05:32 PM
Et bien moi je termine la lecture de ON EST PLUS BEAU EN LUMIERE JAUNE DE BERTRAND DAUDEY
Enrichissant, un brin décalé, du bonheur... à lire absolument ! Les pensées à la fois romantiques et corrosives de l'auteur donnent le ton à ce beau roman, subtil, qui se lit d'une traite. Un livre qu'on ne referme pas en pensant à autre chose, tout ce que j'aime ! Pour l'histoire, je vous laisse découvrir, allez-y les yeux fermés, puisqu'il s'agit de tranches de vie, on s'y retrouve, on découvre... bonne lecture !
version gratuite du livre en pdf sur le site de l'auteur:
http://www.daudey.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=14&Itemid=73
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Hicham BENNIS
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Re: Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
17-01-2007 07:16 PM
Bonjour, bienvenue et merci pour cette suggestion (et le lien). Je m'y plongerai volontiers dès que j'aurai le temps ...
Hicham
PS : je vous ai en revanche
adressé un email concernant votre identifiant, qui ne respecte hélas
pas les Conditions d'Utilisation de Psychosociologie.fr (merci d'en
prendre connaissance et de me répondre quant à la proposition de
changement d'identifiant ...).
PPS (le 30/01/2007) : J'ai
supprimé votre ancien compte et viens de basculer votre réponse
ci-dessus sur le nouveau compte, de sorte que vous en restiez
propriétaire).
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armellec
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Re: Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
27-01-2007 12:59 PM
La littérature sauve Marie Ndiaye de la vie réelle et ordinaire qui lui semble terrifiante.
Sans littérature, il me semble que je ne pourrais pas tenir la fonction de psychologue.
Un de mes livres de chevet est un ouvrage de Marie Ndiaye. Trop peu connue et reconnue, cette auteure écrit cependant des romans au style intense et puissant ; des romans aux limites floues entre réel et irréel [- Regardez bien ce bananier. Est-ce qu’il y a quelqu’un ou quelque chose auprès de ce bananier ? (…) Ils étaient vaguement déçus. - Il n’y a rien du tout auprès de ce bananier, ont-ils chuchoté. - Sûr ? ai-je demandé. Un frisson m’a parcouru le dos. - Sûr, ont dit mes enfants avec une certitude limpide. Je remets le moteur en marche, j’embraye et je démarre un peu vite, sans un dernier regard vers la cour. Je me mets à chantonner : You’re the one I need, et quand je m’en assure dans le rétroviseur je constate que mes enfants, qui sont des êtres sans calcul, sans effroi, sont contents, qu’ils ne pensent plus au grand bananier. Ils ne pensent plus à cette ferme désolée, ils ne pensent plus à ce qu’ils n’ont pas vu auprès du bananier. Nous roulons doucement, seuls sur la petite route, dans l’haleine odorante, de plus en plus chaude, d’une bouche immense. C’est ainsi que je vois les choses, cependant je me tais. - Sûr ? ai-je demandé à mes enfants, l’échine soudain glacée. Et puisque mes enfants ne s’amusent jamais à me tromper, comment pouvais-je ne pas les croire ? P11]
Tout en étant descriptive (Décembre 2003 — Après la nuit incertaine, le jour s’est levé sur la clarté, sur la douceur. Rien de ce à quoi peut se préparer secrètement la Garonne ne semble inquiétant quand l’air est bleuté et lumineux. Plusieurs routes autour du village sont coupées. À huit heures retentit depuis La Réole la sirène des pompiers et cette sirène, vouée à informer précisément de la montée des eaux, en affole plus d’un car on ne la comprend pas. On ne sait pas, on ne sait plus comment l’entendre faut-il compter les coups dès le début, et croire alors que le niveau de la Garonne est de dix mètres à La Réole (ce qui signifie, pour nous, une calamité imminente, l’annonce d’une crue extraordinaire), ou ne compter que les coups brefs qui suivent un coup très long uniquement prélude au décompte ? On ne sait pas. Les avis se mêlent. La nervosité rend les voix plus hautes. Pourquoi tant d’hommes et si peu de femmes aiment-ils cette atmosphère tendue, cette préparation à la bravoure, à l’héroïsme ? P 40) ,
avec des personnages très ordinaires (Ma mère habitait maintenant un immeuble quelque peu délabré. Malgré son salaire correct de vieille employée dévouée, elle n’avait pu trouver mieux que deux petites pièces sur cour, près de la station Marcadet. Au cinquième étage, où j’arrivai essoufflée P 73 ) ;
les livres de Marie Ndiaye ont un goût d’étrangeté, tout devient curieux, bizarre, incompréhensible, incertain.
Même si Marie Ndiaye se classe dans le genre dit « roman » ; son écriture me semble aussi comme osciller entre autobiographie et autofiction : là, où, la vérité de l’être est dans son expression ; là, où, la vérité profonde de l’individu est ancrée dans son imaginaire.
Et, à ce propos, son style fait écho à ce moi qui se raconte dans le cabinet du thérapeute ; à ce « moi qui, selon la célèbre formule de J. Lacan, dès l'origine serait pris dans une ligne de fiction » ; son style fait songer enfin aux conversations sur le statut de la vérité entre étudiants de psychologie pendant nos études.
Extrait d’un entretien avec Catherine Argand (Lire avril 2001)
C A Qu’escomptiez-vous de la littérature à douze ans, lorsque vous avez commencé à écrire ?
M N J’espérais qu’elle me sauve de la vie réelle et ordinaire qui me semblait terrifiante. Quelle fasse de moi quelqu’un de spécial, d’unique même. J’avais l’impression, enfant, d’être invisible. J’espérais, sans que cela soit conscient, que l’écriture me rendrait visible et me protégerait en même temps. (J’adhère aisément à cette conception de la littérature)
C A Vous allez quitter Cormeilles pour un autre village. Cela ne vous ennuie-t-il pas de vivre dans des endroits où il ne se passe rien ?
M.N. Ce rien est passionnant. Comme il n’y a ni théâtre ni cinéma, rien de diversifiant, on passe son temps à raconter des histoires, à discuter avec les gens. Plus il y a de loisirs, moins il y a de parole. (J’aime beaucoup cette dernière parole)
Je ferme « Autoportrait en vert » de M. Ndiaye et ouvre « L’immeuble de Yacoubian » de Alaa Et Aswany
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tchoisnard
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Re: Que lisez-vous en ce moment ?
Posté le
28-01-2007 07:40 PM
Sans dévoiler l'histoire, quelques impressions de l'immeuble Yacoubian, que j'ai lu dernièrement…
Tout en se glissant avec une adroite simplicité dans l’intimité des personnages, l’auteur nous raconte comment chacun se démène dans les petits ou les grands moments de la vie, face au contexte politique de l’Egypte. Un contexte décrit par ce roman juste avant les attentats à Dahab, en avril 2006.
Face à cette montée du radicalisme de l’Islam, certains y trouvent leur compte, en l’épousant fanatiquement, ou en y gagnant une place de pouvoir, mêlant corruption et parole d’évangile.
Les femmes trinquent, mises dans une cage dorée pour certaines, ou maltraitées pour celles qui galèrent économiquement. Les autres personnages de ce roman tentent, vaille que vaille, de mener leur vie habituelle, orientés par leur libido, leur cupidité ou par la nécessité.
Les habitants de l’immeuble Yacoubian expriment chacun à leur manière les contradictions qui hantent l’Egypte, entre l’Islam et la sexualité, entre l’affichage des bonnes intentions politiques et la corruption, entre l’attitude vaillante des femmes et leur soumission à la Charia…
Le ton du narrateur est sans complaisance avec les personnages, n’emprunte aucune supercherie au sentimentalisme ou à l’orientalisme, et sait dépeindre chaque protagoniste dans toutes ses nuances.
Mais laissez-vous guider par Zaki, premier personnage du roman, symbole du passé de l’Egypte, patiné par le temps, naviguant au gré des circonstances, vieil homme attachant et cristallisant à sa juste mesure l’histoire de cet immeuble Yacoubian.
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